Du mercredi 20 au samedi 23 mai :

     Nous sommes le mercredi 20 mai après-midi et j'entre dans le magnifique vélodrome de Bordeaux accompagné de mon Papa venu assister au départ. Quelques concurrents sont déjà présents. Comme eux, je récupère ma balise GPS, ma plaque de cadre et passe le contrôle technique de mon vélo. Je tente sans succès de me reposer jusqu'au briefing. Les bénévoles sont présentés et les consignes de sécurité rappelées. Nous prendrons tous le départ à 22h30 une fois le pont levant Chaban-Delmas redescendu après le passage d'un paquebot. 

     En attendant, je discute avec certains participants. Je fais la connaissance d'Aurélien, cherbourgeois et champion du monde de monocycle qui va tenter de rallier l'arrivée. C'est grâce à son petit frère qu'il s'est intéressé et entrainé à utiliser cet engin. Techniquement, sa machine, unique au monde est remarquable. 

     Nous sommes 250 participants dont seulement 17 femmes. Je m'étonne auprès de l'une d'elle que son vélo est peu chargé par rapport au mien. La réponse de Nathalie ne se fait pas attendre : "je ne m'arrete pas". Forcément, on ne joue pas dans la même catégorie. 815 km sans dormir, ce n'est pas dans mes capacités ! 

     Le stress se mêle à l'euphorie plus l'horaire du départ approche. Nous nous positionnons à l'intérieur du vélodrome. Puis le départ est donné par groupe de quelques dizaines de participants. Nous faisons un tour de piste avant d'être salués par la Banda des Saltimbrank's et les Cheerleaders des Red Foxes

     Une fois sortis du vélodrome nous nous retrouvons dans la circulation bordelaise et apercevons rapidement quelques monuments emblématiques. 

     Les groupes se dispersent intersection après intersection ; chacun prenant également son rythme de croisière. Je sais que l'épreuve va être longue et je régule ma vitesse pour ne pas utiliser de l'énergie à mauvais escient. Il fait nuit mais je sens que le passage du pont au-dessus de la Dordogne pourrait m'impressionner s'il faisait jour. 

     La lune étant quasiment absente, seuls quelques petits clignotements rouges aperçus de temps en temps égayent la vision. Je me restaure une première fois sous une petite halle éclairée à Châtignac. Nous sommes en Charente. Plus loin, à Villebois-Lavalette, de nombreux participants squattent une halle bien équipée en table de pique-nique. Quelques dizaines de mètres après, un sacré pétard me fait mettre pied à terre. Le ciel commence gentiment à s'éclaircir. La nuit a été néanmoins plus que fraiche. Ayant pris le départ avec une migraine, je ne suis pas au mieux de ma forme et je pense à abandonner. Le vélo c'est aussi et surtout une part de force morale. Je me raisonne et continue à appuyer sur les pédales pendant une heure. J'arrive alors devant une boulangerie qui ouvre à ce moment précis à Saint Sornin. D'un coup le moral repart et le bonhomme aussi.

     Le soleil permet au thermomètre de remonter et je prends du plaisir à parcourir des routes déjà empruntées avec mes amis de l'Orléans Cyclotouriste. La fatigue se fait néanmoins sentir. Je m'allonge pendant un quart d'heure sur une table au pied du pont de l'isle Jourdain. Je repars sous une forte chaleur mais les souvenirs continuent de ressurgir à Saint Savin. Nous sommes dans la Vienne et deux moutons sont venus saluer ma montée de la côte d'Angles sur Anglin. A Chatillon sur Indre, je me restaure copieusement à l'épicerie encore ouverte vers 20h avant de traverser la citadelle. Je passe Montrésor et une sacrée côte cachée derrière la halle alors que la nuit se présente. 

     Je peine énormément à rejoindre la base de vie de Vineuil. Pourtant le parcours est moins exigeant que ce qu'il fut plus tôt dans la journée. En fait, j'ai véritablement la frousse qu'un sanglier traverse devant moi dans les douces descentes au milieu des bois. Enfin arrivé au gymnase, je me dis que la première partie est faite avec 435 km. Je m'installe confortablement avec mon matelas et mon duvet pour 4h de sommeil salvateur.

     Pour cette seconde partie, je repars pour rejoindre Chambord et ne m'attarde pas lors de la traversée du Loir et Cher que je connais bien. Je recommande néanmoins la boulangerie de Mondoubleau ! 

     Peu après, je suis doublé par la moto du caméraman avec qui un joyeux échange se crée. Puis je découvre le Perche Sarthois et arrive pour le goûter à la seconde base de vie située à Bonnetable au km 580. Je reprends la route pour 50 km jusqu'à Sillé-le-Guillaume. Une horrible douleur s'est installée au niveau du genou droit. J'arrive tant bien que mal sur mon lieu de repos et espère que la nuit sera apaisante. 

     Ce sera en partie le cas et je prends la route à 6h30. Je déconseille très fortement les Alpes Mancelles au petit déjeuner : c'est totalement indigeste ! En effet le col de la Galerie qui culmine à 258 m d'altitude est alors franchi. Puis nous apercevons le château de Montrésor et traversons Mayenne. 

      Puis nous entrons en Bretagne avec la magnifique cité de Fougères. Nous sommes samedi et c'est jour de marché. Nous sommes notamment accueillis par un vendeur de galette-saucisse et ses fumerolles ! 

     Les villages sont tous plus jolis les uns que les autres avec par exemple Bazouges la Pérouze où je me suis particulièrement rafraichi pour ne pas souffrir de la chaleur toujours présente. 

     Mais plus nous nous rapprochons de la mer, plus l'air est respirable. 

 

     J'entre enfin dans Saint Malo en étant particulièrement joyeux. Je prends le temps de savourer. Mais c'était sans compter sur l'organisation d'Olivier : tour de piste du vélodrome avec applaudissements des bénévoles présents et tintement de la cloche ! Et ma joie est décuplée par la présente de mon Papa. Il a vécu le départ, suivi mon avancée avec les autres membres de ma famille grace au tracker et était présent au bout. 

     Merci à mes supporters et notamment à Stéphanie et les enfants. 

     Ce fut une belle aventure réalisée en 67h dont 13 de sommeil. Traverser la France en vélo permet de découvrir de magnifiques paysages, ses richesses historiques, architecturales. Enfin et surtout les moments de partage avec les autres participants, les bénévoles, les gens rencontrés au fil des arrêts est une richesse inestimable. Je suis heureux d'avoir terminé cette aventure.  

Samedi 2 et dimanche 3 mai :

Je n'ai même pas eu besoin du réveil pour me sortir du lit samedi matin. Les yeux se sont ouverts naturellement à 3h40. 

Après un bon petit déjeuner, j'enfourche mon petit vélo pour rejoindre la salle Guy Moquet où se tenait le départ pour le Brevet des Randonneurs Mondiaux de 400km "Signal d'Ecouves - Cote 413" du Cercle Jules Ferry. Arrivé 10 minutes avant le départ, j'y retrouve les copains dont de très nombreux costauds.

A 5h, nous nous élançons et je me laisse glisser en queue de peloton. J'espère améliorer mon temps de 2023 mais sans pression. Depuis le départ, un participant belge a pris ma route. A l'avant, bien que la Beauce soit plate, les lumières rouges se dispersent et disparaissent les unes après les autres. Je m'arrete pointer dans la première boulangerie de Saint Denis les Ponts. J'en profite pour déguster un succulent pain aux raisons. En sortant du commerce j'apperçois Raphaël et son Papa Joël. On se croisera quelques centaines de mètres plus tard. 

Après quelques dizaines de kilomètres, je retrouve Eric qui peine. Un évènement récent ne lui a pas permis de rouler ces deux dernières semaines. Je ne peux que le soutenir avec quelques mots. 

En traversant Chapelle-Royale, une charmante dame âgée me crie "Allez-allez !" : l'intention est adorable. 

Dans la montée du château de Montmirail, je retrouve Jean-Yves qui fait ce BRM en pignon fixe avec un développement de dingue : 51*17 ! 

C'est au moment de basculer dans la descente que je reçois un texto de mon ami Joël. Les coïncidences sont épatantes. C'est justement à cet endroit précis où, en 2023, nous avions pris un orage dantesque. 

Je poursuis vers la Ferté-Bernard, et trouve difficilement une boulangerie ouverte. Au moment de présenter mon tampon, la boulangère est suspicieuse. Son employée lui explique le principe. Cette dame m'explique que c'est sa nouvelle patronne qui vient de reprendre le commerce. Elle a donc encore des choses à apprendre 🙂 

Sorti de la commune, je découvre Eric qui ne s'était pas arrêté et qui en profite pour prendre une pause assis sous un arbre. Il repart et je l'attends pour partager une nouvelle fois quelques kilomètres. 

C'est aux alentours du kilomètre 130 que la beauté du Perche s'offre à nous. Il ne faut pas attendre longtemps pour attaquer la première difficulté avec le col des quatre gardes. Le parcours passe au nord d'Alençon. Puis, au pied de la cote du signal d'Ecouves, la pluie s'invite. Seconde belle bosse, montée sous une belle drache. En haut, je découvre le char que je n'avais pas vu en pleine nuit en 2023. Je retrouve aussi un jeune participant qui se protège de la pluie dans un cabanon. 

Trempé pour trempé, je rejoins le point septentrional du parcours où Christophe nous attend avec un ravitaillement. 

Pour le retour, ce n'est pas la même limonade. Je m'y attendais mais il va falloir combattre le vent contraire jusqu'à l'arrivée. La pluie continue de menacer mais ne tombera plus. La côte qui précède Mortagne au Perche entame mon moral. Je m'enfonce dans la ville et y trouve une épicerie fine qui commercialise aussi des produits cuisinés. Je commande deux desserts et deux limonades qui me font un bien fou. 4 personnes s'installent à côté de moi et la conversation s'engage. Après avoir roulé seul, partager mon expérience en cours, regonfle le moral. 

Les dernières bosses sont franchies à l'est de Nogent le Rotrou tandis que la nuit tombe. A Brou tout est bien évidemment fermé. Un petit texto pour indiquer à Séverine que je suis sur le retour et je traverse la Beauce avec l'envie d'en terminer. Arrivé à Fleury les Aubrais, je suis accueilli par Séverine, Didier, Noé et Auxence. 

Je repars avec mon carton totalement validé et ma petite médaille souvenir. Encore une fois, merci aux bénévoles du CJF de nous organiser ces BRM. 

Samedi 18 avril :

    La cyclo découverte nous conduit au château Royal du Plessis-lèz-Tours, qui fut la demeure favorite de Louis XI, il y meurt le 30 août 1483. Nous allons ensuite voir le prieuré de Saint-Cosme. De l'an mil jusqu'en 1742, une communauté de religieux (des chanoines réguliers de l'ordre de Saint Augustin) est établie sur une ancienne île de la Loire. Le poète Pierre de Ronsard en est le prieur en 1565, il y meurt et y est enterré en 1585. Pour clore cette cyclo découverte nous empruntons la piste cyclable qui longe le Cher jusqu’à Savonnières afin d’admirer les bateaux de Loire.

 Dimanche 19 avril :

    Nous longeons les bords du Cher pour passer par Villandry avant d’arriver au point de convivialité où nous pouvons déguster des Galipettes grillées et farcies (variété de champignons plutôt gros) et bien d’autres victuailles. Nous pouvons continuer notre randonnée en longeant La Loire pour arriver face au château d’Ussé et ensuite un passage à Azay-le-Rideau avant le retour vers la permanence. Le parcours était très agréable avec des petites routes boisées.

Samedi 11 avril :

      Après le BRM 200 du MSD du 21/03, je me suis inscrit au 300 du 11/04. En début de semaine, la météo annonçait grand beau mais frais. Et plus les jours avançaient, plus la météo était pessimiste. 

    Pour autant rendez-vous était pris pour rejoindre le départ à 5h30. Une fois la carte de pointage récupérée, je retrouve mon copain Claude adhérent des Gogos et accessoirement du club de Massy Palaiseau. Quelques costauds du CJF sont également présents. 

     Je me rends sur la ligne de départ mais le gros de la troupe est déjà parti. Je me dis que ce n'est pas plus mal, car je roulerais dès le début à mon rythme. Le risque est souvent de partir trop vite en accompagnant un groupe.

     La trace prend la direction nord-ouest pour passer devant le château de Vérigny. Même s'Il fait nuit noire, on aperçoit un croissant de lune peu lumineux. Je pense alors à la mission Artemis II qui nous a tenus en haleine cette semaine. 

      Après Artemis II, c'est une autre fusée qui me dépasse aux alentours du trentième kilomètre. Loïc a dû prendre le départ vers 6h et son allure est à vue de nez, 50% plus rapide que la mienne.  

    La trace nous permet de rejoindre le CP1. Arrivé au château de la Hallière, nous scannons le QR code pour valider notre passage. J'ai rattrapé deux groupes de cyclos et, avec l'un d'entre eux, nous nous retrouverons à plusieurs reprises. 

      Le parcours prend plein nord et nous pointons au château d'Escorpain. Ensuite, nous obliquons vers l'ouest et pointons aux châteaux d'Arbouville et de Philmain. Un tiers est déjà parcouru et même s'il n'est que 10h, je prends mon déjeuner. 

      Le parcours se dirige alors vers le sud. Le Perche est splendide mais il se mérite. Les bosses s'enchainent et nous pointons à Mauves sur Huisne. Alors que je m'apretais à me découvrir, la pluie s'invite à la fête et est particulièrement nourrie.  Je m'abrite sous un paravent à la Bazoche Gouet pour prendre ma seconde pause casse-croûte. Une fois reparti, je retrouve Claude pour peu de temps car il s'arrête à son tour.

      Au magnifique château de Villemesle, on peut enfin souffler car la pluie s'est arrêtée et il n'y a plus de bosse. Les demeures s'enchainent au nord de Châteaudun : château de la Touche Hersant, château de Sainte Radegonde, château de Moléans. Je ne m'attarde pas car je profite du vent qui est enfin favorable. 

      Restent 25 km quand nous arrivons au dernier pointage au château de Reverseaux. Je craignais retrouver un vent défavorable mais il est tombé. Les longues lignes droites qui traversent la Beauce me permettent d'appuyer et d'arriver dans le temps que je m'étais fixé.

     Outre la beauté des paysages traversés et la découverte de splendides châteaux, je retiens aussi les beaux échanges avec les participants lors des pauses.

      Merci au MSD Chartres pour l'excellente organisation.

     Nous sommes le 21 mars. Officiellement, le printemps a commencé hier. La saison des Brevets des Randonneurs Mondiaux est lancée et nous n'avions que l'embarras du choix. Traditionnellement, le Cercle Jules Ferry organise le premier mais j'y officiais comme bénévole. C'est donc mon premier BRM pour 2026. Les copains sont allés réaliser celui de Flins quand d'autres sont à Blois. Ce dernier m'attirait mais le départ était donné à 6h30. En ajoutant le temps de transport, c'était beaucoup trop tôt. Je me suis donc inscrit à celui du MSD Chartres Cyclo nommé les Trois rivières.

     Traverser la Beauce crée des conditions propices à affronter le vent et nous avons été servis ! Le départ est donné à 7h30, j'y retrouve Elisabeth et Gérard parmi les 133 participants. Je roule dans le premier groupe tandis que quelques-uns se détachent déjà. Nous roulons plein Est et le vent se lève gentiment face à nous. Il en est de même du soleil qui crée une ambiance magique. Je roule à côté de Stéphane de l'UV Orgerus qui a un très beau GIOS en acier. Nous nous rendons vite compte que nous sommes tous deux animés par la passion des vélos anciens. Nous avons les mêmes copains sur la région Centre. 

     Nous arrivons au premier contrôle de passage à Saclas. La boulangère nous attend avec son tampon à l'extérieur de sa boutique et elle l'utilise à tour de bras. Je reprends rapidement la route seul en longeant la Juine. A l'ombre la fraicheur se fait ressentir. A Toury je suis rejoint par Arnaud et son copain du Cercle Jules Ferry.

     Bien poussés par le vent, nous arrivons à Patay. La boulangerie est peu à peu prise d'assaut par les cyclos. Chacun achète son déjeuner et fait tamponner son passage. Les cyclos s'éparpillent sur la place attenante pour se restaurer. Je ne m'attarde pas et reprends la route seul prêt à affronter Eole. Jusqu'à Nottonville, le paysage n'est pas le plus beau qui soit. Mais avec la Conie, l'environnement s'améliore. Au CP3, à Donnemain Saint Mamès, je retrouve les deux orléanais. Nous sommes arrivés juste avant la fermeture du bar pour obtenir le fameux sésame. 

    Le parcours reprend plein Nord accompagné par le Loir. Un cyclo est quelques dizaines de mètres devant moi mais je ne recolle pas sa roue car je m'aperçois vite que nous n'avons pas le même rythme selon le profil de la route.

    Arrivé à Charonville, je scanne le QR Code derrière le panneau du village et suis rejoint par les orléanais. Ils repartent quelques secondes avant moi. Effectuant des relais, ils me distancent doucement mais surement et nous nous retrouverons à l'arrivée. 

    Pauses comprises, j'ai réalisé ce BRM en moins de 9h avec ma randonneuse nommée affectueusement Mon tracteur. Je retrouverai les chartrains dans trois semaines pour leur BRM 300. 

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